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J'ai toujours été à la recherche d'une matière avec laquelle échanger, une « matière » qui deviendrait mon moyen d’expression. C'est tout naturellement que je me suis orientée vers les métiers d'art et après avoir passé 7 ans à chercher, c'est elle qui est venue à moi sous la forme des mots, des images, les histoires. Depuis je n'ai de cesse de nourrir mon travail, mes recherches par l'approche d'autres branches artistiques; le clown, le chant, la danse. Si le conte peut naître entre deux personnes qui discutent, il n’en demeure pas moins une discipline artistique à part entière, dont l’exercice dépasse la simple lecture ou animation. C'est au quotidien une rigueur de travail mais cela m'a permis de trouver une aisance corporelle, une légèreté et une spontanéité dans la narration trop souvent figée par une sacralisation de la transmission orale. Le Conte est universel, chaque pays, chaque village, chaque famille a une histoire à raconter. C'est bien là ce qui fait sa plus grande richesse mais également son plus gros fardeau à porter. Sa plus grande richesse; il se nourrit de l'Histoire et des histoires. Il en faut peu pour qu'au fur et à mesure des siècles un bambou taillé devienne une flûte magique! Son plus gros fardeau; car, si tout le monde a une histoire à raconter, tout le monde n'a pas quelque chose à dire. Mon approche du conte se veut la plus juste possible, je dirai par rapport à certaines histoires, ethno-artistique. Repositionner des faits dans un contexte culturel, historique me permet d'en comprendre et d'en faire passer le(s) sens. Je vois le conte comme une ouverture au monde, à soi, à l'écoute du passé, à la préparation de l'avenir. Avec lui j'aborde tous les sujets, il est prétexte à toutes sortes de jeux, que je souhaite stimulants pour celui qui écoute. Une distraction certes mais pas de vulgarisation. C'est investie de cette démarche que j'avance sur le chemin des histoires et c'est avec le plus grand bonheur que je partage avec qui veut, les belles images qu'elles m'auront apportées.
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