jeudi 20 mars 2008
Synthèse
Par Céline Ripoll, jeudi 20 mars 2008 à 11:34 :: Voyage sur l'Île de Pâques
Bonjour à tous,
Une année s'est écoulée depuis ce premier voyage à Rapa Nui. En un an, 3 voyages sur cette île déjà. Plus de trois mois passés sur place et beaucoup de choses à dire. Certains l'on vu, je n'ai jamais pu mettre en ligne le journal du premier voyage. En effet ce fut un voyage trés difficile, où les rencontres n'ont jamais été simples. J'ai navigué dans les ragots de l'île plutôt que dans les légendes!! Et puis de retour en France, sur les conseils de Michel Orliac j'ai lu un livre, "les évadés de l'île de Paques" qui m'a bouleversée et aidée à comprendre pourquoi les gens se protégeaient autant. J'ai contacté l'auteur, Marie-Françoise Peteuil, qui m'a éclairée à son tour et donné un contact, celui de Joël Hucke, un Rapa Nui, vivant en France depuis une trentaine d'année. J'ai mis un mois à l'appeler et puis un billet de train plus tard, me voilà accueillie par sa famille dans le midi de la France. 5 jours passés auprès de ce monsieur, 5 jours à ne parler que légendes, à chanter, à danser.
Ma décision était prise il me fallait repartir.
En Novembre 2007, je suis repartie et voilà que Joël venait de retourner sur son île avec Sébastien son fils. j'ai donc passé 12 jours à leurs cotés à apprendre et à ressentir cette terre qui parle un langage si différent.
12 jours, trop peu pour moi alors j'ai repassé tout le mois de Février 2008 avec eux. Des journées à écouter, regarder, sculpter... véritablement prise en charge comme une fille spirituelle, Joël, son frère Petero, Carlo, Joni, mais aussi Marie Christine, Sébastien, Juanito, les Nahoe, tous m'ont accompagnée, raconté et enseigné.
Je ne sais ce qui sortira de tout cela, un spectacle peut-etre? Ce n'est pas une finalité pour moi. Ceci dit il me faut témoigner de cette culture retrouvée ou réinventée par cette famille les Hucke et ce peuple les Rapa Nui. Les Moais sont une chose, mais il y a bien des histoires qui témoignent d'un passé magique et douloureux. Un jour Richard, un guide, m'a dit: "quand on redresse un Moai ici c'est un homme que l'on redresse." Je ferai tout de même ce constat, c'est que si les anciens dressaient leurs moais le regard tourné vers leur terre, beaucoup d'hommes et de femmes maintenant ont le regard tourné vers l'aéroport.
On ne peut pas leur en vouloir, c'est ainsi, si seulement la transmission des savoirs se fait de manière juste et exigeante.
Mes voyages sur cette île ne sont pas fini, et je vous avoue que rendre accessible à vous ce qui m'a été transmis me titille, mais il me faudra du temps. Du temps pour raconter les sons dans les grottes, les ombres dans la nuit, les visions d'Orongo, les kava kava qui vous sourient et le vent, les vents de Poike, le vent qui n'en fini plus de souffler.
Est-ce que j'ai trouvé la légende que je cherchais, celle de Nikorima, le guerrier au visage à moitié tatoué?cette légende qui me fait aller d'île en île?
Non, désolée ce n'est pas un guerrier de cette île, mais je me suis laissé dire qu'il viendrait peut-etre de Nouvelle-Zélande. je vous laisse deviner la suite de mes voyages, espérons juste que la vie me soit assez longue pour aller jusque là bas.
Comme je l'ai fait pour les îles Marquises, un bout de mon coeur est resté à Rapa Nui, vous pouvez m'écrire si vous cherchez des choses et je vous répondrai ou vous aiguillerai modestement.
Si je ne devais dire qu'une chose pour évoquer Rapa Nui se serait:
O Hiro Hiro.
Mauruuru Korua, Mauruuru te Tainga Rapa Nui.